Amérindiens I (cf.  Indiens)

Ce sont les premiers habitants d’Amérique, venus d’Asie, en passant par le détroit de Béring. Ils ont développé des activités nomades ou sédentaires, à partir des ressources naturelles et se sont adaptés à différents milieux, forêt ou rivière. Ils pratiquent l’agriculture et la pêche et aussi la chasse en hiver. Chaque groupe a sa langue, ses coutumes et un artisanat original. A l’arrivée des Européens au XVIe siècle, leur vie change rapidement. En 1876, le gouvernement canadien crée des réserves pour les protéger. Encore aujourd’hui, on compte dix nations amérindiennes implantées sur le même territoire qu’à l’origine. Certaines communautés participent au tourisme en organisant des raids en motoneige sur la banquise, des séjours de chasse et de pêche.

Sujets d'étude:

  1. Qui sont les Amérindiens et d'où viennent-ils? Qu'est-ce qu'un « détroit »?
  2. Quelle est la différence entre activités « nomades » et « sédentaires »?
  3. Quelles sont les particularités de chaque groupe?
  4. Quel est le principe d'une « réserve »?

Amérindiens  II

Jusqu'à très récemment, l'histoire officielle a presque toujours négligé les Amérindiens en Nouvelle-France. On les considère comme des êtres inférieurs et simplement comme des éléments du décor ou comme des figurants dans le déroulement des événements. C'est peut-être la raison pour laquelle on connaît mal aujourd'hui encore leur participation dans la vie de tous les jours à Ville-Marie à la fin du XVII° siècle et l'influence qu'ils exercent sur la façon de vivre et la culture des premiers habitants de la ville. Et pourtant, en 1689, si l'on ne compte pas le soldats, il y a presque autant d'Amérindiens établis à Montréal et dans la région qu'il y a de Français. Ils construisent des maisons – certains disent des cabanes – de branches et d'écorces, ensemencent les terres que les Français veulent bien leur allouer, et non pas leur vendre, et élèvent quelques animaux domestiques.

Comme nous allons le constater dans le déroulement des événements suivants, en apparence sans importance, les Amérindiens sont nombreux à partager leur vie de tous les jours avec les Français, mais, malheureusement, quand les documents officiels parlent d'eux, c'est la plupart du temps de façon négative, les présentant comme des éléments perturbateurs de la société montréalaise.

Extraits tirés de : Tougas, Rémi (2003) : L'Allemande : la scandaleuse histoire d'une fille du roi, 1657 - 1722. Sillery, Québec, Chapitre 11, Une présence amérindienne, p. 85.

Sujets d'étude:

  1. Pourquoi les Amérindiens sont-ils considérés comme des « êtres inférieurs »? (raisons culturelles, religieuses...)
  2. Sont-ils beaucoup mentionnés dans les documents officiels? Comment y sont-ils désignés?
  3. Les Amérindiens sont-ils nombreux à Montréal?
  4. Les Français profitent-ils de leur cohabitation avec les Amérindiens pour mieux connaître ce peuple et son pays?

Amérindiens  III

À la petite école, j'ai appris qu'il existait deux sortes d'Amérindiens: les bons et les méchants. Les bons étaient les Hurons parce qu'ils faisaient bon accueil aux français et aux missionnaires venus les évangéliser.  Les Iroquois, par contre,  sont en guerre depuis des lunes contre les Hurons.  Ils voient donc d'un très mauvais oeil leur association avec les Blancs. De plus, ils font commerce avec les colons anglais de la  Nouvelle-Angleterre. Ils échangent des fourrures en retour de fusils.
Mais cette définition est bien simpliste, on le sait maintenant. Ces quelques lignes pourront, je l'espère, apporter quelques précisions sur ces peuples autochtones qui vivaient ici bien avant nous et qui sont les véritables découvreurs de notre pays:

Les Amérindiens appartiennent à trois grandes familles: inuite, algonquienne et iroquoienne.

À l'arrivée des Blancs, ils sont environ 60 000 dans la vallée du Saint-Laurent et la région des Grands Lacs dont 25 000 sur le territoire du Québec actuel.

Les Inuits vivent dans l'Extrême-Nord,  au Labrador et dans les régions de la baie d'Hudson. Nous les appellerons longtemps Esquimaux.

Les Algonquiens sont des nomades. Ils vivent de chasse et de pêche. Ils se nourrissent aussi de fruits sauvages, de plantes et de racines. Les Algonquiens vivent dans des wigwams, se déplacent en raquettes sur la neige ou en canot d'écorce. Plusieurs nations composent cette famille: Algonquins, Cris, Ojibwés, Micmacs, Naskapis, Montagnais, Abénaquis, Malécites... Chaque nation occupe son propre territoire. Chez les Iroquois, plusieurs nations s'unissent en une ligue. Ainsi, les Agniers (Mohawks), les Onneiouts, les Onontagués, les Goyogouins et les Tsonnontouais forment la ligue iroquoise.

Les Iroquoiens, par contre, sont semi-sédentaires. Ils pratiquent l'agriculture, ils chassent et pêchent, ils cultivent le tabac. Cette famille se divise en deux: les Hurons et les Iroquois. Quand leurs cultures ont épuisé le sol, ils déménagent. Ils habitent des maisons bâties de troncs d'arbre, rectangulaires et de bonnes dimensions (30 mètres sur 10 mètres environ). Ces maisons sont regroupées dans un village. Pendant que les hommes iroquoiens vont à la chasse et à la pêche, construisent les cabanes et vont à la guerre, les femmes gèrent la vie quotidienne. Elles font presque tout. Elles labourent, sèment le maïs, font des provisions de bois pour l'hiver, tissent le chanvre et portent même les bagages de leurs maris.

Les Amérindiens croient en un être supérieur. Tout leur vient de cet être: le vent, les rivières, les animaux, les objets... C'est le Manitou ou l'Orenda. Ils croient en l'immortalité de leur âme et la chasse et la pêche seront la principale préoccupation de la vie après la vie.

Ce texte m'a été inspirée par le récit de Marcel Tessier dans "Marcel Tessier raconte...", les Éditions de l'homme, 2004 .

(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)