A la découverte du Québec (ppt)

L'immigration au Québec Imprimer Envoyer

Au Québec, les immigrants font la différence

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Au Québec, le nombre des francophones (tout comme celui des anglophones) est en recul, alors que le nombre des allophones (personnes parlant une langue maternelle « tierce ») est en progression. Ces derniers regroupent notamment les immigrants africains, asiatiques et latino-américains de la Belle-Province.
Linguistiquement, ceux-ci préfèrent l’anglais au français. Politiquement, ils penchent pour les idées fédéralistes du Parti libéral plutôt que pour les idées indépendantistes du Parti québécois.

Exercice à trous
Remettez les phrases dans le bon ordre

Arlindo Vieira avait 21 ans lorsqu’il est arrivé au Québec. Il fuyait la dictature de Salazar et la guerre coloniale en Angola. « J’ai eu la chance de faire mes études au petit séminaire, qui était la seule forme d’accès à l’enseignement pour les jeunes issus des milieux modestes. Or le français était la première langue étrangère que l’on y apprenait. » Serveur le jour, étudiant en droit la nuit, Arlindo est devenu, en 1980, le premier avocat d’origine portugaise du Québec. Ancien vice-président du Parti québécois de Montréal, il est depuis trois ans président du Conseil des communautés.

Bernard, d’origine polonaise, se souvient avec émotion avoir fait sa communion solennelle en présence du cardinal Wojtyla, devenu Jean-Paul II. Bernard a quitté Cracovie dès que les portes de la Pologne se sont entrouvertes. Après un détour par l’Allemagne, il a émigré au Canada. Après des « petits boulots », il a obtenu un BTS d’électricien. il dit se sentir bien au Québec, « même si le discours nationaliste est omniprésent et si le passage par le français est quasiment obligatoire pour trouver du travail ».


L’histoire du Québec et la bataille pour la survie de la langue française sont intimement liées à la venue des immigrants qui, au fil des siècles, ont conquis et peuplé cette province. La chute de la natalité conjuguée au mouvement féministe a obligé le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard à mettre en œuvre une politique offensive an matière d’immigration. Le but non avoué étant de favoriser une arrivée massive en provenance de pays francophones. Lors du recensement de 1996, la proportion des immigrants dans la population québécoise (7 millions) se chiffrait à 9,4%. Mais entre 1991 et 1996, cette immigration a connu une progression de 12%. Depuis 1991, on observe, parallèlement au maintien du nombre d’immigrants européens une croissance considérable du nombre d’immigrants originaires d’Afrique (35%), d’Asie (28%) ou d’Amérique (16%).


La région métropolitaine de Montréal est un exemple extrême de cette diversité ethnique, puisque 40% de ses habitants ne sont ni de souche française ni de souche britannique et qu’elle concentre à elle seule 88% de l’ensemble de la population immigrée du Québec. C’est dire l’importance que prennent ces nouveaux électeurs lorsqu’un scrutin se joue à quelques milliers de voix près, comme ce fut le cas lors du dernier référendum indépendantiste de 1995. Or il s’avère que l’origine de ces nouveaux venus et le choix linguistique qu’ils effectuent à leur arrivée sont des facteurs déterminants de leur orientation politique.


« Entre le pro et les anti-indépendantistes. Le critère principal, c’est la langue », reconnaît Arlindo Vieira. « Les francophones ou ceux qui le sont devenus sont plutôt souverainistes. Les Latino-Américains choisissent systématiquement le français et c’est dans ce groupe que l’on note le plus fort taux d’adhésion au Parti québécois et au « oui »; même phénomène chez les Haïtiens et les Portugais. »


En revanche
, la communauté italienne compte une forte majorité d’anglophones. « Cela correspond à la date de leur arrivée, explique Arlindo Vieira. Á l’époque, juste après la Seconde Guerre mondiale, l’économie était tenue par les Anglais. Les Italiens se sont tout naturellement rapprochés de la communauté la plus riche. »

A cela, poursuit-il, s’est ajouté « un réflexe de repli de la communauté francophone pour éviter de se laisser contaminer. Surtout par le biais des écoles qui étaient confessionnelles jusqu’à l’année dernière. Les anglophones protestants, plus pragmatiques, ont largement ouvert leurs établissements scolaires aux minorités allophones ». L’autre révolution, c’est la loi « 101 » qui a renversé la tendance. Aujourd’hui, les enfants de la loi « 101 » sont des « mutants ». Contraints d’apprendre le français, ils sont restés anglophones pour la plupart ...


Françoise Lepeltier
,  Le Figaro 27.11.1998.
Revue de la Presse, supplément thématique 2000, p. 28.


Questions à choix multiple

Sujets d'étude:
1) Expliquez
    a) la différence entre les personnes francophones et allophones
    b) l'évolution des deux communautés linguistiques
    c) les préférences plitiques et langagières des deux communautés
    d) la provenance des immigrants
2) Dressez le portrait de
    a) Arlindo Vieira
    b) Bernard
3) Pourquoi le Québec est une terre d'immigration et quels sont les problèmes démographiques actuels?
4) a) Quel est le pourcentage des habitants de Montréal qui ne sont ni de souche française ni de souche britannique?
    b) Quel est le pourcentage des immigrants du Québec qui vivent à Montréal?
5) Pourquoi au Québec "les immigrants font la différence" (cf. le titre)?
6) Quel rôle la langue joue-t-elle parmi les immigrés dans le choix de leur "camp politique"?
    a) Les francophones, les Latino-Américains, les _ _ _ _ _ _ _ _  et les _ _ _ _ _ _ _ _ _ ....................
    b) Les italiens .....
    c) les anglophones protestants .....
7) Quel impacte la "loi 101" a-t-elle eu sur l'evolution de la langue québécoise?


L'immigration au Québec : une tradition plusieurs fois centenaire

L'histoire de l'immigration au Québec témoigne de façon éloquente de la capacité d'accueil et de la tradition d'ouverture et de tolérance du peuple québécois. Les Français ont été les premiers à coloniser le Québec, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Entre 1608 et 1763, environ 10 000 d'entre eux se sont établis en Nouvelle-France, dans la vallée du Saint-Laurent. Vers 1780, des Loyalistes, fidèles à la Couronne britannique, ont quitté les États-Unis après la guerre de l'Indépendance pour s'installer au Québec. De nombreux Irlandais s'y établirent aussi au milieu du XIXe siècle.

De 1880 à 1930, le Québec accueille notamment des Allemands, des Polonais, des Irlandais, des Hongrois et des Ukrainiens. De nombreux Juifs et des Italiens s'installent aussi sur le territoire québécois au cours de cette période. Après la Seconde Guerre mondiale, les groupes les plus importants sont les Italiens, les Britanniques, les Grecs et les Portugais. Au début des années 1960, l'immigration, encore majoritairement européenne, se diversifiera avec des communautés provenant de l'Asie.

Avec les années 1970, le Québec accueille des personnes immigrantes provenant surtout de l'Europe, de l'Asie, des Caraïbes et des Bermudes. Les immigrants provenant de l'Asie sont les groupes les plus populeux à partir des années 1980. Les années 1990 confirment cette tendance : l'immigration provient majoritairement de l'Asie, suivie par celle venant d'Europe, des Amériques et de l'Afrique. En 2001, les trois premiers pays de naissance des immigrants sont la Chine, le Maroc et la France.

En optant pour une politique d'immigration permanente, le gouvernement québécois s'est doté de critères de sélection des immigrants basés notamment sur la connaissance du français et de l'anglais, la scolarité, l'âge et l'expérience professionnelle. Le Québec a énormément bénéficié de la longue tradition de l'immigration. Grâce à ses apports, l'immigration contribue à faire de la société québécoise une collectivité diversifiée et ouverte sur le monde.

Source : Portraits du Québec, Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 2003, p.13



Témoignage d'un immigrant


Note: Ce texte etait passé sur la Mailling liste en octobre 1999. Merci de ne pas faire attention aux noms cités ect..

Bonjour a tous,

Je viens d'arrivé dans la belle province, pour deux ans, afin de faire un stage, dit "post-doctoral", d'etude en biologie.
Je suis à Montréal depuis 3 semaines maintenant et comme ça, en première impression, c'est vraiment bien. Bien sûr, le pays n'est pas idyllique, mais je ne suis pas déçu. Ça vaut vraiment le coup de se battre pour venir passer un moment de sa vie ici, ou plus pour certain. Bien sûr, c'est l'"Amérique" avec les rêves de gosses qui s'y rattachent, et c'est aussi les difficultés voire les désillusions en ce qui concerne le capitalisme, et les gens qui sont comme partout, ni meilleurs, ni moins bons. Enfin, j'ai peut-être encore plein d'illusions et je n'ai pas encore connu les rigueurs de l'embauche ici (dixit vivy), ou celles de l'hivers..., mais ce me semble être bien agréable d'y vivre.


Je suis arrivé au Québec par le biais d'une embauche en tant que "travailleur hautement qualifié" - ce n'est pas moi qui le dit, c'est le statut officiel pour mon genre d'emploi. Comme vous pouvez vous en doutez, ça facilite grandement les démarches auprès de l'ambassade. Une fois que j'ai reçu le Fax de mon futur employé, je n'ai eu qu'à dépenser 600 F (+-100E) à l'ambassade du Canada à Paris pour avoir mon visa de travailleur temporaire 1 mois ½ plus tard.
J'envisageais de venir avec ma blonde, mais pour qu'elle puisse ne pas être seulement une "touriste en visite", être seulement "conjoint" (comme c'est écrit dans certains papiers) ne suffit pas. Il faut une preuve officielle de notre union... Cela a un peu précipité notre mariage, il est vrai, mais c'est ainsi que vont les choses et c'est ainsi que le bonheur d'être là n'est pas arrivé seul...
Il paraît que maintenant il est possible qu'elle obtienne rapidement un permis de travail ou d'étude, si (ou quand) elle aura soit une offre d'emploi soit une autorisation d'inscription à une université.

A ce propos, là où j'ai trouvé que les renseignements étaient le mieux donnés - le plus clairement et le mieux informé - c'est au service d'Immigration du Québec et au service d'Immigration du Canada, à Montréal, et non à Paris. En France, je suppose que les personnes de l'ambassade sont débordées, et ils sont beaucoup moins disponibles pour répondre au cas par cas. Ils ne sont pas toujours, non plus, au courant de toutes les possibilités offertes aux personnes qui veulent venir. Peut-être cela vaut-il le coup de téléphoner directement à Montréal, plutôt que de passer des heures au téléphone en France à écouter la voix d'un répondeur automatique qui dit de ne pas quitter pour garder sa place dans l'ordre des appels. Surtout si on a un cas particulier à soumettre et que les renseignements qu'on a pu obtenir jusque là sont plutôt confus.


Je suis donc parti en premier, et bien sur la première chose que j'avais à faire c'était de trouver un logement.

Là je dois dire pour Michelle et ceux qui envisagent d'arriver sans adresse comme moi, que ce n'est pas aussi facile que c'est décrit parfois dans les livres.
Je suis arrivé après l'echange des baux (en juillet) et après la rentrée unversitaire (1 septembre), alors il ne reste plus que des appartements hors de prix ou des chambres a louer. Coup de chance, j'ai pu être logé en attendant, là où je travaille, mais quand j'integrerai enfin mon appartement, ça fera tout de même un mois de recherche et d'attente.
Les recherches ne sont pas faciles, car dès que les petites annonces parraissent dans le journal gratuit, où il y a le plus d'annonces ("Voir") du vendredi soir, tous les appartements valables sont déjà louer. Ça m'a fait le coup deux semaines de suite...
Si on veut avoir une chance de trouver quelquechose à un endroit précis, je pense que la meilleure stratégie consiste à se ballader dans les rues et à repérer les petites annonces affichées sur les portes. Mais ce n'est pas possibles tout le temps et j'imagine que c'est mission impossible par les froids d'hivers... Il vaut donc mieux prendre ses précautions un peu à l'avance, si on veut trouver rapidement un logement.
Après m'être acheté un vélo d'occasion pour courir la ville plus aisément, j'ai fini par trouver un 3½ (1 chambre et salon/cuisine) semi-meublé (réfrigérateur+poële=cuisinière) assez grand a 450$ tout compris (electricite itou), dans un quartier plutot sympa (au Nord du Plateau a Montreal)


Quant à ma femme, elle me rejoindra en janvier pour le nouvel an. Je cherche donc maintenant un job pour elle...
C'est là que commence les difficultés. Son métier en France c'est la masso-kinésithérapie. L'équivalent ici c'est la physiothérapie, mais c'est une profession que l'on ne peut pas exercer si l'on a pas l'aval de l'Ordre professionnel. Il lui faut donc passer des équivalences et probablement retourner à l'école 1 an. Ce n'est pas un problème en soi, mais pour cela il faut que l'Ordre examine son dossier scolaire, ce qui coûte tout de même environ 1000$ (si mes renseignements sont exactes ?), pour qu'il indique simplement quel genre d'études reprendre...


Je suppose que les emplois sont aussi difficiles à trouver qu'en France , mais bon qui n'essaie rien, n'a rien...

Au plaisir de vous lire,

Eric
 
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