A la découverte du Québec (ppt)

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Le Grand dérangement (cf.  Histoire de l'Acadie)

Les Acadiens sont venus de France pour avoir une nouvelle vie dans un nouveau pays. Ils se sont installés dans les régions qui s’appellent aujourd’hui le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. Ils ont été victimes de l’histoire. En Europe, la France et l’Angleterre sont ennemies. Dans le Nouveau Monde, il y a des conflits entre les colonies françaises et les colonies anglaises. Les Anglais demandent que les Français prêtent serment au roi d’Angleterre, les Acadiens refusent car ils veulent rester neutres. En 1755, le gouverneur anglais décide de saisir leurs fermes et de déporter 12 000 personnes vers le sud et en Europe.

Sujets d'étude:
  1. Quelle est la nationalité des premiers Acadiens? Quels ont pu être les motifs de départ de leur pays d'origine?
  2. Quel est l'état des relations entre France et Angleterre dans le Nouveau Monde? Pourquoi?
  3. En 1755, 12 000 Acadiens sont expropriés par le gouverneur anglais. Quelle est la raison motivant une telle décision?
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L'Acadie est une colonie française fondée en 1604. Elle se trouve prise entre la Nouvelle-Angleterre au Sud et la Nouvelle-France au Sud. Le premier foyer de peuplement acadien est la région de Port-Royal. Puis à partir de 1640, la population croissante essaime vers le fond de la baie française. Un esprit d'indépendance se développe peu à peu chez les Acadiens.
En 1713, avec la signature du traité d'Utrecht ratifié par la France et l'Angleterre, l'Acadie est cédée aux Britanniques. Les Acadiens doivent alors prêter un serment sans condition à la Couronne britannique ou quitter l'Acadie sous un an. Les Acadiens ne veulent pas prêter serment, car ils souhaitent conserver leur liberté religieuse et être exemptés du port d'armes en cas de guerre. En 1730 ce refus est accepté par le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Philipps, et les Acadiens deviennent des sujets neutres.
En 1740, éclate la guerre entre la France et l'Angleterre. Le traité d'Aix-la-Chapelle signé en 1748 rend Louisbourg à la France. La situation des Acadiens devient précaire. En 1749, le « Board of Trade » doit britanniser la Nouvelle-Ecosse et les Acadiens doivent de nouveau prêter serment ce qui engendre de grandes tensions. Tour à tour, l'Angleterre et la France fortifient la région disputée. La situation se calme finalement entre 1752 et 1754. En effet, à partir de 1754, l'anglais Lawrence envisage ouvertement la déportation des Acadiens. En juin 1755, Monckton prend les forts Beauséjour et Gaspareau.

Le conseil décide alors à l'unanimité de déporter les Acadiens dans les différentes colonies américaines. Lawrence veut en effet les expulser pour les remplacer par des colons de la Nouvelle-Angleterre. Il répartit la Nouvelle-Ecosse entre les militaires suivants : J. Winslow, A. Murray, J. Handfield et R. Monckton. Ces derniers doivent capturer et détenir les hommes acadiens. Pour empêcher les fuites, les embarcations sont confisquées, le bétail et les céréales saisis et les routes surveillées. Plusieurs familles sont démantelées, la déportation rimant avec destruction et mort. Beaucoup périssent sur les bateaux les éloignant de l'Acadie. Les Acadiens sont ensuite éparpillés dans les colonies, vivent à la charge de l'Etat et reçoivent un accueil le plus souvent hostile de la population.
La paix revient en 1763 et avec elle la fin des déportations. En huit ans, auront été déportés environ 10 000 Acadiens, soit environ 75% de la population. Leurs terres sont occupées par environ 8000 nouveaux colons de la Nouvelle-Angleterre. Ce qui est propre à la déportation des Acadiens est que ces derniers ont été relocalisés en milieu hostile et déportés plus de quarante ans après la conquête de l'Acadie. Après 1763, se produisent de grandes vagues de migration des acadiens hors des colonies américaines. La plus importante est en 1785, lorsque l'Espagne amène 1600 Acadiens en Louisianne.


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« La longue hésitation puis le refus des Acadiens de prêter serment à la couronne britannique au lendemain du traité d'Utrecht, quand la mère-patrie les a abandonnés à leur triste sort [...] on le sait, débouchera en 1755 sur la déportation de 10 000 Acadiens. La fuite dans les bois ou l'exil pour 8000 autres. Ce sera le Grand Dérangement. Après avoir connu la liberté, les Acadiens ne voulaient pas s'enfarger dans les liens d'une nouvelle servitude! Ce sentiment, plus profond que celui de l'attachement à la couronne de France, expliquerait l'attitude ambiguë des Acadiens face à la politique de la main tendue des Britanniques. »
(Le journal Le Soleil, 2002, 15 sept., p. B1.)

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 »Ils étaient quinze hommes - le grand-père de mon grand-père était un de ceux là - embarrés dans une cave à patates lors du grand dérangement. Ils sont restés là-dedans trois jours et trois nuits, espérant toujours voir les Anglais venir les en tirer. Puis, quand ils ont compris qu'on allait les laisser périr comme ça, de faim et de soif, ils se sont mis dans la tête de se faire un chemin de sortie. »

MAILLET, Antonine (1958): Pointe-aux-Coques. Montréal: Fides (Coll. Rêve et Vie), p. 112.

Sujets d'étude:

  1. Où se situe l'Acadie, par qui et quand a-t-elle été fondée?
  2. Quelle raison (géographique) peut expliquer le développement de l'esprit d'indépendance des Acadiens?
  3. Quels sont les deux traités signés par la France et l'Angleterre? A quelles dates sont-ils ratifiés?
  4. Pourquoi les Acadiens doivent-ils prêter serment à la Couronne britannique?
  5. Qu'entendent les Acadiens par préserver leur « liberté religieuse »? Que craignent-ils des Anglais sur ce plan-là?
  6. Qu'est-ce que le « Board of Trade » et quelles conséquences a-t-il?
  7. Quelle est la décision mettant fin à la période de paix 1752-1754? Quelle en est l'application concrète?
  8. Quelle est la nationalité des colons habitant les régions vers lesquelles les Acadiens sont orientés? Pourquoi, vraisemblablement, ces derniers y rencontrent-ils un « accueil hostile »?
  9. Combien de victimes a fait le Grand dérangement?
  10. Retracer rapidement la chronologie de cet événement historique.

fricheur

Celui qui défriche. Pionnier. Défricher: rendre propre à la culture une terre en friche en détruisant la végétation spontanée. Défricher une froêt (déboiser, débroussailler).(Petit Robert, 1977).

Extraits de Jean Rivard, le défricheur, 1862 (Cf. le roman en PDF.)
Les Canadiens de la Nouvelle France étaient un peuple de défricheurs. Un des romans de terroir les plus connus du 19ème siècle qui rend hommage aux gens qui travaillent la terre, est "Jean Rivard, le défricheur - récit de la vie réelle" d'Antoine Gérin-Lajoie, paru pour la première fois dans les "Soirées Canadiennes", en 1862.

(Extrait, p. 29)
Monsieur, depuis le jour où j'ai quitté le collège, j'ai toujours eu présente à l'esprit une maxime que nous répétait souvent notre excellent directeur : avec le travail on vient à bout de tout, ou comme il nous disait en latin : labor omnia vincit. J'ai pris ces trois mots pour devise, car je comprends que le sens qu'ils présentent doit être d'une application plus fréquente dans la vie d'un défricheur que dans aucun autre état. »


 (Extrait, p. 29-30)
« M. Lacasse fit alors connaître en peu de mots à Jean Rivard; d'après l'expérience qu'il avait acquise durant sa longue carrière de défricheur, à quels signes on pouvait juger de la bonne ou mauvaise qualité du sol.

« Monsieur, dit Jean Rivard, je vous remercie mille fois de vos renseignements précieux, que je ne manquerai pas de mettre à profit. Mais, dites-moi, je vous prie, puis-je en toute confiance choisir dans les milliers d'arpents non encore défrichés de ces vastes Cantons de l'Est, le lot qui me conviendra, sauf à en payer plus tard le prix au propriétaire, quand il me sera connu?
Oh! gardez-vous-en bien. Si je vous racontais tous les malheurs qui sont résultés des imprudences de ce genre, et dont nos pauvres compatriotes ont été les victimes, surtout depuis un certain nombre d'années, vous en frémiriez. Les grands propriétaires de ces terres incultes ne sont pas connus aujourd'hui, mais ils se cachent comme le loup qui guette sa proie; et lorsque, après plusieurs années de travail, un défricheur industrieux aura doublé la valeur de leur propriété, ils se montreront tout-à-coup pour l'en faire déguerpir. Suivez mon conseil, mon jeune ami; vous avez près d'ici le Canton de Bristol presque entièrement inhabité, et possédé en grande partie par le gouvernement et l'Hon. Robert Smith qui réside dans ce village même; allez, et si, après avoir parcouru la forêt, vous trouvez un lot qui vous convienne, je me charge de vous le faire obtenir. »


 (Extrait, p. 39)
« Qui sait si mon lot ne sera pas dans vingt ans le siège d'une grande ville? Qu'étaient il y a un demi-siècles les villes et villages de Toronto, Bytown, Hamilton, London, Brockville, dans le Haut-Canada et la plus grande partie des villes américaines? Des forêts touffues qu'ont abattues les haches des vaillants défricheurs. Je me sens le courage d'en faire autant. »
 (Extrait, p. 47)
« A peine nos défricheurs avaient-ils porté sur leur ennemi terrassé un regard de superbe satisfaction qu'ils se mettaient en frais de le dépecer. En quelques instants, l'arbre était dépouillé de ses branches, puis coupé en diverses parties, qui restaient éparses sur le sol, en attendant le supplice du feu. »

Sujets d'étude:
  1. Quelles sont à travers la définition et les extraits, les trois caractéristiques des défricheurs?
  2. « avec le travail on vient à bout de tout ». Quelles peuvent-être les difficultés rencontrées par un défricheur dans son travail?
  3. Comment se transmet le savoir des défricheurs? (cf extrait 2)
  4. Comment Jean Rivard a-t-il obtenu son lot et que veut-il en faire?
  5. Quelles sont, dans le dernier extrait, les expressions pouvant permettre de comparer l'abbatage d'un arbre à la victoire d'un combat guerrier?
Extraits de Buies, Arthur, 1890

BUIES, Arthur, 1890: Récits de voyages sur les Grands Lacs - À travers les Laurentides - Promenades dans le Vieux Québec, Québec, Typographie de C. Darveau, 271 p. http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/numtxt/174231.pdf

« (...) et les défricheurs, ces braves pionniers si pauvres, si délaissés, si misérables, qui ne vivent guère, pendant la première et même les deux premières années de leur établissement, que de patates et de galette de sarraisin, vont pouvoir vivre ici immédiatement du bois qu'ils auront droit de couper sur leurs lots, sans contrevenir aux règlements du départements des Terres, règlements qui sont comme une camisole de force enroulée au corps et aux bras de nos pauvres défricheurs.(...) « p. 196-197
Il prit des pensionnaires, commença un défrichement autour de son habitation, sema dix acres en orge et en patates, quelques autres en blé et en légumes; ces deux derniers produits rendirent au delà de ses espérances, et même le foin qu'il avait essayé sans croire au moindre succès; et, développant son commerce avec ses nouvelles ressources, il s'était procuré régulièrement de la viande fraîche d'un endroit appelé Notre-Dame des Anges, où conduit un chemin de colonisation de dix milles de longueur, aujourd'hui à peu près terminé et dans un état très passable. p. 164


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LECLERC, Félix, 1946: Pieds nus dans l'aube, Montréal, Fides, 242 p.p.69.
Comme un moine fouille la montagne pour découvrir le rocher connu de personne, où il déposera en cachette son surplus de prières, ainsi un ancien défricheur aime à posséder bien à lui un coin de forêt sauvage, où il ira passer sa rage de bâtisseur. Ce lot, papa l'avait choisi dur et farouche dans les ronces et les «fardoches», loin des yeux, pour le plaisir de se rappeler ses débuts et de se colleter avec un adversaire digne de lui.


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MICHAUD, Ad., 1917: Petit catéchisme agricole, Québec, Imp[rimerie] l'Action sociale ltée, 89 p. 53
Dès les premiers temps de la colonie de la Nouvelle-France, nos ancêtres avaient mis en honneur la profession des travailleurs du sol, et il existe une ordonnance de l'un de nos intendants qui établit que nos vaillants défricheurs étaient fiers de leur titre «d'habitants» et l'ordonnance défend à toute personne qui n'est pas cultivateur en possession d'une terre en culture, de se prévaloir faussement du titre «d'habitant».
Michaud / Catéchisme, 1917, p. 53 (doc. cité; extrait du discours du maire de Québec, M. H. E. Lavigueur, aux lauréats du Mérite Agricole, 1916) 


La drave

Le printemps venu, lorsque le soleil réchauffait la terre et dégelait les cours d'eau, c'était le temps de la drave.  Le métier de draveur, aujourd'hui complètement disparu, était un travail surhumain.  N'était pas draveur qui le voulait. Il fallait être muni de courage, de force de caractère, avoir une santé de fer et un peu, beaucoup de témérité. La mort guettait ses proies au détour de la rivière, au bas des chutes assourdissantes. Il fallait lutter contre les courants souvent déchaînés qui brisaient tout sur leur passage, arrachant les ponts et les arbres.

On avait bûché tout l'hiver et amassé les billes de bois près des rivières.  Quand les draveurs entraient en scène, les cours d'eau étaient dégelés et pouvaient servir à acheminer le bois jusqu'aux moulins à scie situés le long des rivières ou des lacs. Les billots flottaient encerclés par d'autres billes soigneusement attachées. Le courant de la rivière acheminait ces immenses  "radeaux" mais c'étaient les draveurs qui contrôlaient leurs parcours. On employait le bateau de drave qui pouvait contenir trente personnes et six rameurs mais la plus commode des embarcations était la "paillasse", moins lourde et moins encombrante. D'une noirceur à l'autre, on manoeuvrait la gaffe, l'enfonçant dans l'écorce tendre et d'une main habile on déjouait l'embâcle. Parfois, on manquait de chance et le pire arrivait. Les billots s'entassaient et l'embâcle progressait.  Si un embâcle se nouait sur la rivière, il fallait alors chercher le billot-clé; parfois on utilisait la dynamite mais le plus souvent la force humaine surmontait seule le défi. Les draveurs s'habillaient le mieux possible pour travailler; vêtu bien chaudement on ne travaillait pas une heure qu'on était trempé d'un bout à l'autre de sueur ou d'un bon bain d'eau glacée. Une paire de chaussures conçues spécialement pour la drave était indispensable. On passait ainsi la journée dans ces eaux de glace et pour se réchauffer, on dansait en sautant d'une bille à l'autre.

Au retour, quand les draveurs  racontaient  les exploits de leurs compagnons, les difficultés rencontrées et vaincues, on admirait leur courage et leur détermination mais personne n'enviait leur sort.

(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)

Sujets d'étude

  1. Quelles sont les qualités nécessaires pour être draveur?
  2. Quel est le principal danger menaçant les draveurs?
  3. Quel est le principe et l'intérêt de la drave?
  4. Quel est le rôle précis des draveurs?
  5. Qu'est-ce qu'un embâcle? Quel danger présente-t-il?
  6. Dans quelles conditions météorologiques les draveurs travaillent-ils?

Déménagement

C’est un acte typique de la vie québécoise, bien décrit par Gabrielle Roy dans son roman Bonheur d’occasion. Le premier juillet, jour férié de la fête nationale du Canada, partout dans la province du Québec et surtout dans les grandes villes, beaucoup de personnes déménagent pour obtenir un logement meilleur à un meilleur prix.

Avant 1950, les familles augmentaient en général d’un enfant chaque année, mais le salaire restait le même. Elles devaient donc trouver des logements moins chers et plus grands et pour cela, elles devaient se déplacer vers l’est de Montréal, vers les quartiers pauvres.


Le drapeau québécois

drapeau québécois

Le fleurdelisé a été institué comme drapeau national du Québec par un décret du gouvernement de Maurice Duplessis le 21 janvier 1948. Il remplaça alors le drapeau britannique, l’Union Jack, au sommet de la tour central du Parlement.

Il est composé d’une croix blanche représentant la foi chrétienne et de quatre fleurs de lys sur fond azur en mémoire des origines françaises du Québec. Effectivement c’est Louis VII (1137-1180) qui avait choisi pour l’étendard royal la couleur bleue semée de fleurs de lis d’or. Lors de son voyage en 1534 Jacques Cartier planta une croix sur la péninsule de Gaspé portant l’écu à fleurs de lis.



Dollard des Ormeaux
Qui était Dollard Des Ormeaux ?

En 1660, Adam Dollard des Ormeaux a 25 ans et est commandant de la garnison du fort de Ville-Marie. Dès le début de l'année, les Amérindiens de la région du Lac supérieur et du lac Michigan projettent de troquer leurs fourrures contre des marchandises françaises. Ils veulent organiser un convoi qui, le printemps venu, prendra le chemin de Ville-Marie. D'autre part, les Iroquois mènent une guérilla depuis plusieurs mois contre les Français de Ville-Marie qui ont besoin du profit que leur apportera la vente de ces fourrures. Les Iroquois vont donc tout tenter pour que le convoi de fourrures n'arrive pas à destination.

Dollard des Ormeaux réunit donc seize jeunes gens pour aller au devant des Iroquois et, protéger ainsi le convoi qui doit descendre l'Outaouais.  Selon la coutume de l'époque, certains compagnons de Dollard font leur testament avant de partir et tous se mettent en règle avec l'Église.  Ils se mettent en route le 19 avril 1660. Ils veulent se rendre jusqu'à Long Sault, à une soixantaine de kilomètres de Ville-Marie.

Ils viennent à peine de quitter l'île de Montréal en canot, que des cris se font entendre. Dollard et ses hommes se lancent à l'attaque des Iroquois et cette escarmouche tue d'une balle un des compagnons de Dollard alors que deux autres se noient lorsque leur embarcation chavire. La petite troupe retourne alors à Ville-Marie pour le service funèbre et pour trouver des remplaçants et l'on se remet en route dès le lendemain.

Ils arriveront à Long Sault le 1er mai.  Ils s'installeront dans un fort abandonné où les rejoindront 40 Hurons et 4 Algonquins. On n'a pas à attendre très longtemps.  Deux canots montés par des Onontagués précédant une flotte de deux à trois cents Iroquois sont bientôt en vue. Dollard et ses compagnons, repliés dans le fort, repoussent l'attaque sans oser tenter une sortie. Leurs canots sont détruits. La horde iroquoise se replie pour construire une palissade un peu plus haut sur la rivière et dépêchent quelques habiles canotiers aux Îles du Richelieu  pour solliciter le secours de 500 Agniers et Onéiouts  et, dans l'attente du renfort, ils se contentent d'empêcher les assiégés de sortir.  Mais, dans leur fort, les Français voient baisser leurs munitions,  et l'eau commence à manquer. Cinq jours plus tard, les Agniers arrivent. On tentera de parlementer mais le seul résultat obtenu fut la défection d'une vingtaine de Hurons.

Les Iroquois s'approchent du fort voulant se saisir de ceux qui tenteraient de prendre la fuite.   Ils tentent d'incendier la palissade; l'assaut est repoussé mais certains agresseurs réussissent à atteindre la palissade et s'efforcent de couper les pieux à la hache.

La situation devient désespérée. C'est alors qu'on décide de charger un baril de poudre qu'on tentera de lancer sur l'ennemi par-dessus  la palissade. Malheureusement, un obstacle ramène le projectile à l'intérieur de l'enceinte où il explose, tuant et blessant plusieurs hommes.  Lorsque les Iroquois pénètrent dans le fort ils n'y trouvent que neuf survivants: cinq français et quatre hurons.

Les Iroquois sont ahuris de trouver dans le fort si peu d'hommes alors qu'eux, ont perdu près d'une centaine des leurs. Leur déconvenue et l'assurance du courage et de la ténacité des Français, les inciteront à retourner dans leurs villages sans livrer d'autres combats.  Le convoi de fourrures arrivera à Ville-Marie comme prévu et ramènera temporairement la prospérité à Ville-Marie.

Beaucoup plus tard, en 1665, Louis XIV enverra le Régiment de Carignan pour combattre les Iroquois. Ce n'est que vers 1701, que Ville-Marie pourra enfin vivre en paix..

(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)


Sujets d'étude
  1. Situer Ville-Marie sur une carte. Quelle est la fonction d'un fort au Québec? Quel y est le poste occupé par Dollard des Ormeaux?
  2. Quel est le principe d'une guerilla? Contre qui les Iroquois en mènent-ils une et dans quel but? Que veulent-ils empêcher dans ce cas précis?
  3. Que signifie « se mettre en règle avec l'Eglise »?
  4. Quel est le bilan de la première sortie de Dollard et de ses hommes?
  5. Quels sont les problèmes des Français réfugiés à Long Sault?
  6. Qui sort finalement vainqueur du conflit?
  7. Pourquoi les Iroquois sont-ils surpris? A quoi s'attendaient-ils en entrant dans Long Sault?
  8. Quel est le sort final du convoi de fourrures qui était en réalité l'enjeu de base de l'affrontement ?


Denier
Le denier est une pièce de monnaie qui était en usage en Nouvelle-France au 17e siècle. La valeur des choses se calculait alors en deniers , en solslivres . Il fallait 12 deniers pour obtenir un sol et 20 sols équivalaient à une livre. D'autres pièces de monnaies circulaient dans la colonie: les louis , les écus , les pistoles et les guinées . En 1669, un vieux manteau valait 10 livres et une paire de souliers pouvait coûter jusqu'à 100 sols.
http://www.civilization.ca/vmnf/boucher.fra/lexique.html
 
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