A la découverte du Québec (ppt)

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Saint-Laurent (le)
Souviens (Je me...)
Sucrerie (Extrait de Jean Rivard, Le défricheur)
Sucres (le temps des)
Sucre (la cabane à)
Savon du pays (le)
Saint-Jean-Baptiste
Seigneur, seigneurie



Le Saint-Laurent



Long de 3680 km, le fleuve Saint-Laurent est un des fleuves les plus importants d'Amérique du Nord. Il prend sa source dans les Grands Lacs, aboutit à un vaste estuaire et au Golfe du Saint-Laurent pour finalement se jeter dans l'Atlantique. Appelé "La rivière qui marche" par les populations autochtones à cause de ses courants, la marée remontant en effet jusqu'à 1000 km à l'intérieur des terres, le fleuve, découvert en partie par Jacques Cartier, a pris son nom officiel de Saint-Laurent avec l'arrivée de Samuel de Champlain, même si on pouvait déjà trouver le nom dans les récits de voyages datant du XVIIe siècle, ainsi que dans de nombreux écrits et cartes dès le milieu du XVIe siècle.
Outre son importance géographique, le Saint-Laurent a joué un rôle fondamental dans l'histoire du Canada et du Québec et de leur développement économique. Axe de communication dès les débuts de la colonisation, il permet d'une part de pénétrer dans les terres et d'autres part de développer le commerce (des fourrures, du bois, etc.). Autrefois, gelé en hiver, il est aujourd'hui navigable jusqu'à Montréal, grâce au canal de Lachine notamment, toute l'année.
Cette importance historique explique sans doute l'importance du fleuve dans le cœur des Québécois et des Canadiens. Le fleuve est le cordon ombilical des origines. Cette conscience est d'ailleurs illustrée par des artistes depuis quelques années.

Sujets d'étude:
  1. Quelle est la longueur du fleuve Saint-Laurent et quelles villes, entre autres, relie-t-il?
  2. A quelle date Champlain est-il arrivé au Québec?
  3. En quoi le Saint-Laurent a-t-il été utile aux débuts de la colonisation?
  4. Pourquoi le Saint-Laurent est-il le « cordon ombilical » des Québécois?

Ode au Saint-Laurent


(...)
Ma langue est d'Amérique
Je suis né de ce paysage
J'ai pris souffle dans le limon du fleuve
Je suis la terre et je suis la parole
Le soleil se lève à la plante de mes pieds
Mes bras sont deux océans le long de mon corps
Le monde entier vient frapper à mes flancs
(...)
O que sourde le premier visage de l'homme
Et que j'entende son premier récit
Je mêle ma langue aux racines enneigées
Je mêle mon souffle à la chaleur du printemps
Je m'emprègne de chaque odeur
J'invente des nombres j'envente des images
Je me construis des lettres avec du limon
Je plante des mots dans la haute plaine
Et cela surgit soudain à ras d'horizon
Comme un homme plein de barbe et plein de rosée
L'homme naît d'un frisson du ciel et de la terre
Je m'accomplirai dans les pas du temps
Je vois dans une phrase l'espace de l'homme
L'homme de mon pays sort à peine de terre
Et sa première lettre est un feuillage obscur
Et son visage un songe ardent et maladroit
Cet homme fait ses premiers pas sur terre
Il s'initie au geste originel
Et ses poignets saignent sur la pierre sauvage
Et les mots écorchent sa bouche
Et l'outil se gbrise dans ses mains malhabiles
Et c'est tout sa jeuness qui éclate en sanglots
(...)
Gatien Lapointe (1963): Ode au Saint-Laurent. Éd. du Jour. "Les Poètes du Jour".







Le Saint-Laurent


[...] un mugissement souterrain, comme le bruit sourd qui précède une forte secousse de tremblement de terre, sembla parcourir toute l’étendue de la Rivière-du-Sud, depuis son embouchure jusqu’à la cataracte d’où elle se précipite dans le fleuve Saint-Laurent. À ce mugissement souterrain, succéda aussitôt une explosion semblable à un coup de tonnerre, ou à la décharge d’une pièce d’artillerie du plus gros calibre. Ce fut alors une clameur immense.

— La débâcle ! la débâcle ! Sauvez-vous ! sauvez-vous ! s’écriaient les spectateurs sur le rivage.
En effet, les glaces éclataient de toutes parts, sous la pression de l’eau, qui, se précipitant par torrents, envahissait déjà les deux rives. Il s’ensuivit un désordre affreux, un bouleversement de glaces qui s’amoncelaient les unes sur les autres avec un fracas épouvantable, et qui, après s’être élevées à une grande hauteur, s’affaissant tout à coup, surnageaient ou disparaissaient sous les flots.
Philippe-Aubert de Gaspé, père (1863): Les Anciens Canadiens Dans : TETU De LABSADE, Fran?oise (1990): Le Québec. Un pays, une culture, Montréal : Boréal/Seuil : 22.


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Jacques Cartier découvre ce grand fleuve d’Amérique du nord en 1535. C’était le 10 août, le jour de la Saint Laurent. Il prend sa source dans les Grands lacs, finit par un vaste estuaire dans le golfe du Saint-Laurent et se jette dans l’Atlantique. Long d’environ 1 200 kilomètres, c’est l’une des plus grandes voies navigables du monde et le principal axe fluvial du continent nord-américain. Il marque la frontière entre les Etats-Unis et le Canada sur environ 200 kilomètres. Il constitue ce qu’on appelle la Voie maritime du Saint-Laurent, inaugurée en 1959, sur 3 800 kilomètres. Il relie les grands centres industriels du Canada et des Etats-Unis et pénètre vers le nord et l’ouest. 


« Un fleuve qui a fait un pays ». Magazine Histoire Québec, 1995, Vol. 1, no.1. Sommaire
« Le Saint-Laurent: un fleuve et un pays ». Magazine Histoire Québec, 2000, Vol. 6, no.2. Sommaire

  • Centre Saint-Laurent (1996) : Rapport-synthèse sur l’état du Saint-Laurent.. Volume 1 : L’écosystème du Saint-Laurent ; Volume 2 : L’état du Saint-Laurent 1996. Egalement disponible sur CD-ROM. Québec : Éditions MultiMondes.
  • Ouellet, Danielle/ Vézina, René (1997): La Passion du Saint-Laurent. À la découverte du grand fleuve. Québec : Éditions MultiMondes. 

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Sirop d'érable


(...) Les enfants poussèrent des cris de joie et suivirent des yeux les préparatifs avec un intérêt passionné. Du sirop de sucre et de la cassonade furent mélangés et mis à cuire ; quand la cuisson fut suffisamment avancée, Télesphore rapporta du dehors un grand plat d’étain rempli de belle neige blanche. Tout le monde se rassembla autour de la table, pendant que la mère Chapdelaine laissait tomber le sirop en ébullition goutte à goutte sur la neige, où il se figeait à mesure en éclaboussures sucrées, délicieusement froides.
Chacun fut servi à son tour, les grandes personnes imitant plaisamment l’avidité gourmande des petits ; mais la distribution fut arrêtée bientôt, sagement, afin de réserver un bon accueil à la vraie tire, dont la confection ne faisait que commencer. (...)
Hémon, Louis: Maria Chapdelaine, p. 124.



Je me souviens


Vivant pourtant sur un continent dominé par les puissants Etats-Unis et leur course vers le progrès futur, la devise du Québec, que l'on peut trouver depuis 1970 environ sur toutes les plaques minéralogiques de la Belle Province, est paradoxalement « Je me souviens ». La formule intransitive interpelle toutefois dès le premier regard : De quoi se souvient-on?
C'est l'architecte Eugène-Etienne Taché en concevant les plans de l'Hôtel du Parlement de Québec vers 1880, qui a inscrit cette phrase au bas des armes de la province. Pourtant la formule ne revêt un caractère officiel qu'à partir de 1939. Personne n'osa toutefois retoucher l'expression de Taché en lui ajoutant un complément. Celui-ci avait en effet, semble-t-il, volontairement choisi une expression sibylline. Taché n'avait toutefois pas voulu faire référence aux divers événements historiques d'alors mais souhaitait plutôt rendre visible son ambition d'ériger une façade rendant hommage aux grands hommes de son histoire.
Plus intéressante que l'intention première de l'architecte est la réception d'une telle expression dans les consciences québécoises.
Deux interprétations de la formule dominent et sont d'ailleurs particulièrement représentatives des relations entre le Québec anglophone, également appelé « The Rest of Canada » et le Québec francophone. La première, défendue par les « partisans de la britannité », consiste à voir en cette formule un ode à la pluralité québécoise. La phrase « Je me souviens » ne serait en fait qu'une partie d'un vers écrit pour célébrer l'union de la Rose, c'est-à-dire l'Angleterre et du Lys, c'est-à-dire la France.
La deuxième interprétation consiste quant à elle à voir en cette formule un rappel au passé, à la perte de la francité. Selon cette deuxième interprétation, la « véritable » histoire québécoise a été refoulée par les « colonisateurs ». Le pacte fédératif aurait en effet consisté à fausser l'histoire pour donner l'image conciliatrice d'un pays sans « histoire(s) ». Derrière cette interprétation de la devise québécoise réside aussi le refus de l'américanisme et la suprématie de la géographie au détriment de l'Histoire. Le Québec se trouve en effet aspiré en quelque sorte par la Grande Amérique et son idéal de domination spatiale. Cette interprétation entend de surcroît donner à cette formule un caractère universel, dans la mesure où l'histoire québécoise semée d'embûches est une histoire à laquelle on peut facilement s'identifier dans le contexte de la mondialisation. La formule « Je me souviens » est ainsi l'affirmation de la différence québécoise par-delà les différences.
Cf. Robitaille, Antoine « Je me souviens », 2001 in  Batigue, Stéphane, Québec - Espace et sentiment.   Paris, Ed. Autrement, 2001, p.147-171

Sujets d'étude:
  1. Qu'est-ce que la « Belle Province »? Pourquoi ce surnom est-il employé?
  2. A quelle personne Taché peut-il par exemple avoir voulu rendre hommage par l'expression « Je me souviens »?
  3. Quelle est l'origine historique de la « pluralité québécoise »?
  4. Qu'est-ce que l' « américanisme »? Quel en est l'exemple le plus représentatif au Québec?
La devise du Québec figure officiellement au bas des armoires du Québec depuis 1939, mais dès 1883 elle apparaît sur l’initiative du concepteur de l’Hôtel du Parlement Taché, pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont marqué l’histoire du Québec. « La devise du Québec, « Je me souviens », est représentative de la place – traditionnelle, sentimentale, parfois à la limite de la logique – que tient, non sans raison pourtant, l’histoire d’un pays qui s’est faite un peu (beaucoup) malgré lui. Le poids du passé et les leçons de l’histoire ont, au Québec, une importance capitale, au point même que cette présence peut empêcher, ultimement, d’envisager le présent avec réalisme et l’avenir avec sérénité. » (Tétu de Labsade, Françoise (1990) : Le Québec : un pays, une culture. Montréal : Boréal, p. 51.)


Sucrerie

Extraits de Jean Rivard, le défricheur,
récit de la vie réelle d'Antoine Gérin-Lajoie, paru pour la première fois dans les "Soirées Canadiennes",
en 1862.(cf. le roman en PDF.)



(Extrait, p. 62)
« Enfin, vers le milieu de mars, le froid commença à diminuer d'une manière sensible, les rayons du soleil devinrent plus chauds, la neige baissait à vue d'oeil et Jean Rivard put songer à mettre à exécution le projet formé par lui dès l'automne précédent et qui lui souriait depuis plusieurs mois, celui de faire du sucre d'érable. »
(Extrait, p. 64)
« A l'une des extrémités de la propriété de Jean Rivard se trouvait, dans un rayon peu étendu, un bosquet d'environ deux cents érables; il avait dès le commencement résolu d'y établir une sucrerie.

Au lieu d'immoler sous les coups de la hache ces superbes vétérans de la forêt, il valait mieux, disait Pierre, les faire prisonniers et en tirer la plus forte rançon possible.

Nos défricheurs improvisèrent donc au milieu du bosquet une petite cabane temporaire, et après quelques jours employés à compléter leur assortiment de goudrelles, ou goudilles, d'auges, casseaux et autres vases nécessaires, dont la plus grande partie avait été préparée durant les longues veillées de l'hiver, tous deux, un bon matin, par un temps clair et un soleil brillant, s'attaquèrent à leurs deux cents érables.
 
Jean Rivard, armé de sa hache, pratiquait une légère entaille dans l'écorce et l'aubier de l'arbre, à trois ou quatre pieds du sol, et Pierre, armé de sa gouge, fichait de suite au-dessous de l'entaille la petite goudrelle de bois, de manière à ce qu'elle pût recevoir l'eau sucrée suintant de l'arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l'auge placée directement au-dessous.
 
Dès les premiers jours, la température étant favorable à l'écoulement de la sève, nos défricheurs purent en recueillir assez pour faire une bonne brassée de sucre. Ce fut un jour de réjouissance. La chaudière lavée fut suspendue à une crémaillère, sur un grand feu alimenté par des éclats de cèdre, puis remplie aux trois quarts d'érable destinée à être transformée en sucre. Il ne s'agissait que d'entretenir le feu jusqu'à parfaite ébullition du liquide, d'ajouter de temps en temps à la sève déjà bouillonnante quelques gallons de sève nouvelle, de veiller enfin, avec une attention continue, aux progrès de l'opération : tâche facile et douce pour nos rudes travailleurs. »


(Extrait, p. 67)
« Ce résultat fit grandement plaisir à Jean Rivard. Outre qu'il était assez friand de sucre d'érable, - défaut partagé d'ailleurs par un grand nombre de jolies bouches, - il éprouvait une satisfaction d'un tout autre genre : il se trouvait, à compter de ce jour, au nombre des producteurs nationaux ; il venait d'ajouter à la richesse de son pays, en tirant du sein des arbres un objet d'utilité publique qui sans son travail y serait resté enfoui. »

Le temps des sucres


Le temps des sucres commence habituellement autour du 1er mars.  Devenue commerciale et beaucoup plus industrialisée, la "cabane à sucre" n'a peut-être plus le charme et la poésie qu'elle avait lorsque j'étais enfant mais elle fait toujours partie de nos coutumes québécoises. Attendez que je vous raconte comment ça se passait avant...

Aussitôt que le temps était venu, on se mettait à faire les préparatifs nécessaires. Ces préparatifs duraient bien une bonne dizaine de jours et ils étaient l'affaire de toute la famille. On fabriquait des petites gouttières en cèdre appelées "goutterelles".  Elles furent remplacées beaucoup plus tard par des goutterelles de métal et beaucoup plus récemment par des boyaux.
Puis on chaussait les raquettes pour se rendre à la cabane pour y faire un bon ménage.  Toutes les chaudières, moules, cassots, bacquets et autres ustensiles étaient nettoyés, récurés, rincés à grande eau. On débarrassait la cabane de la poussière ou des fils d'araignée, on ouvrait toutes grandes les portes pour aérer. Puis, on préparait la provision de bois: il fallait choisir des arbres secs, pruches, hêtres, érables que l'on coupait et cordait près de la cabane.

Lorsque le sucrier décidait qu'il était temps d'entailler on chaussait à nouveau les raquettes et on s'élançait joyeusement vers l'érablière. Le matériel nécessaire chargé sur des traîneaux, on attaquait le premier érable, Il fallait d'abord choisir l'endroit favorable, du côté du sud ou du sud-ouest et à environ 40 centimètres au-dessus du sol, l'on pratiquait une petite entaille diagonalement dans l'écorce et l'aubier. On y fixait la goutterelle dans l'entaille en l'inclinant un peu et l'on accrochait le baquet ou le cassot sous l'extrémité inférieure de la goutterelle. On n'avait pas à attendre bien longtemps avant de ne voir s'écouler dans le récipient l'eau sucrée de l'érable.
 
Si Dame Nature était favorable, les seaux se remplissaient vite et on pouvait alors faire la tournée de l'érablière. Chaque seau était alors vidé dans un grand récipient placé sur un traîneau que tirait le cheval et, la sève, ainsi recueillie, était alors amenée à la cabane pour être bouillie et transformée en sirop.

On versait l'eau d'érable dans un grand bassin sous lequel était allumé un feu qu'il fallait entretenir.

À mesure que l'évaporation se produisait, l'eau atteignait une belle couleur brune, elle formait ce qu'on appelait du réduit. Ce réduit, après avoir été coulé à travers une épaisse flanelle, était mis dans de grands bidons. Lorsqu'on en avait une quantité suffisante, on le mettait de nouveau sur le feu,  pour faire du sirop .  C'était une opération délicate.  Le feu ne devait pas s'éteindre. On écumait le réduit au fur et à mesure, on l'agitait, on l'empêchait de gonfler. Il était prêt lorsque le liquide "filait".

Si l'on voulait faire du sucre, il fallait faire bouillir un peu plus longtemps. Le sirop épaississait, il se transformait alors en tire.  Quel bonheur de savourer cette tire si on l'étendait sur la neige. Elle devenait alors cassante et si on l' enroulait autour de la palette pour la lécher, c'était un pur délice.  

Si on continuait de faire bouillir le contenu de la chaudière encore 30 à 40 minutes, la tire devenait granuleuse. Il fallait alors la retirer du feu, la laisser refroidir légèrement, la brasser puis la verser dans des moules en bois qu'on humectait avec de l'eau d'érable. On n'avait plus qu'à laisser prendre puis à démouler.

La cabane  à sucre était toujours le rendez-vous de la parenté et des nombreux amis. On venait y manger de la trempette, du sucre chaud, de la tire sur la neige, des oeufs cuits dans le sirop...
On y veillait souvent très tard parce qu'on se racontait de bonnes histoires, on y chantait des chansons à répondre.

Aujourd'hui les goutterelles et les seaux ont été remplacés par tout un système de tubulures qui amènent l'eau d'érable directement à la cabane. Les bouilloires sont en acier inoxydable. Les fournaises sont plus modernes et plus sécuritaires.   Les cabanes à sucre sont devenues d'immenses restaurants où l'on nous sert une variété de mets typiquement québécois.  Mais on a tous un oncle, un cousin, un ami de nos parents qui possède encore une "vraie cabane", comme dans le temps et lorsqu'arrive le temps des sucres, on monte à la cabane pour se sucrer le bec et raviver nos souvenirs d'enfance.

(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)

  1. A quelle période de l'année correspond le temps des sucres?
  2. Quelles sont les trois étapes des préparatifs?
  3. Que signifie « entailler »?
  4. Qu'est-ce que l'érablière?
  5. Qu'est-ce que l'aubier?
  6. A quoi sert la gouterelle préalablement fabriquée?
  7. Quelle est la matière ainsi extraite des érables et où est-elle apportée?
  8. Qu'en fait-on et que devient la nouvelle matière ainsi obtenue?
  9. Quelle est l'opération à effectuer pour obtenir du sucre d'érable?
  10. Qualifier l'ambiance régnant dans les cabanes à sucre.
  11. Qu'est-ce qu'un « système de tubulures »?

La cabane à sucre


La cabane à sucre
Paroles et musique d'Albert Lamieu

1 La terre sous sa robe blanche
A dormi pendant de longs mois
La sève monte dans les branches
Un frisson réveille les bois!

Dans les érablières
Sont allés tous nos gens
La joyeuse clairière
Retentit de leurs chants
Voici qu’arrive le printemps


Refrain:
en caravane allons à la cabane
Oh!E-ho! On est jamais de trop
Pour goûter au sirop
Pour goûter au sirop d'éra-a-ble

2 Toute la famille est complète
Chacun veut en avoir sa part
Voici, Hèrmas et Guillaumette
Et voici, le gros Adélard
« Bonjour tante Julie
Comment vont les enfants? »
« Très bien, chère Amélie
Nous sommes tous contents!
Pour les sucres, quel joli temps! »


3 Voici l’instant où l’on retire
Le chaudron bouillant du foyer
On va verser la blonde tire
Sur la neige, au bout du sentier

Ensuite au clair de lune
On s’en revient chez nous!
Et j’en connais plus d’une
Qui choisit son époux
Le soir en revenant tout doux.


Le savon du pays


En lisant nos livres d'histoire ou en écoutant raconter leur vie, on a souvent l'impression que nos grands-parents ou nos arrière-grands-parents ne connaissaient pas l'ennui. Ils savaient occuper leur temps et chaque minute était consacrée à la création de quelque chose d'utile et de nécessaire à la vie quotidienne.  Quand le printemps arrivait, que le temps des sucres étaient terminé, que les journées devenaient plus douces et que les nuits étaient encore froides, les femmes de la maison fabriquaient le savon du pays, comme on l'appelait.

Pendant tout l'hiver, les femmes ramassaient tous les morceaux de graisse et le suif  qui leur tombaient sous la main. Rien ne se perdait. On sortait alors le gros chaudron de fonte que l'on installait dehors sur un feu de bois que l'on attisait sans cesse. L'on y plongeait tous les déchets de cuisine afin d'en extraire le gras.

On ajoutait, à ce gras, du caustique, de la résine, de l'eau et de la lessive - que les gens de la campagne appelaient lessi - que l'on avait obtenue en filtrant de l'eau bouillante sur de la cendre de bois franc.

Avec une grosse palette de bois on brassait ce liquide doré qui ressemblait à s'y méprendre à de la tire d'érable. Lorsque le soir tombait on ajoutait du gros sel pour que le savon se sépare et on mettait le couvercle de bois sur le gros chaudron de fonte pour préserver le chef d'oeuvre de la nuit.  

Le lendemain, on plongeait le couteau dans le beau savon doré, le coupant en morceaux. On  lui enlevait une petite tranche de chaque côté, on le déposait dans des boîtes aussi précieusement qu'une porcelaine anglaise.

C'est ainsi qu'on fabriquait le savon du pays.
(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)
  1. Par quoi la vie des Québécois était-elle rythmée?
  2. Qu'est-ce que le suif?
  3. Quels sont les « ingrédients » entrant dans la composition du savon?
  4. Qu'est-ce que la tire d'érable?
  5. Combien de temps environ la préparation du savon dure-t-elle?
  6. Comment est conservé le savon ainsi obtenu?


Saint-Jean-Baptiste


D'abord célébration religieuse, la Saint-Jean-Baptiste est devenue au cours des ans la fête nationale des Québécois. Ce caractère, lui est officiellement reconnu par le gouvernement du Québec. La fête est célébrée le 24 juin.

Cf. Cartier, Daniel/ Vaudry, Catherine (dir.) (2007) : La Fête nationale du Québec. Montréal : Lactôt.


Seigneur, seigneurie

En Nouvelle-France, le seigneur est la personne à qui les autorités vendent ou donnent une grande étendue de terre qu'ils sont obligés de défricher le sol, de construire des maisons et de peupler la seigneurie. Pour y parvenir, les seigneurs recrutent des engagés qui, par contrat, se chargent de ces travaux. A la fin de la période de l'engagement, la plupart des engagés acceptent de s'établir sur la seigneurie où ils ont travaillé. Une parcelle de terre leur est alors vendue par le seigneur qui devra veiller sur leur sécurité et sur leur bien-être. Ces nouveaux colons ont certaines obligations envers le seigneur comme, par exemple, de lui remettre une faible partie de leur récoltes annuelles.
http://www.civilization.ca/vmnf/boucher.fra/lexique.html

Système de partage des terres instauré en Nouvelle-France en 1629, par le cardinal de Richelieu. Inspiré du féodalisme, le système seigneurial seigneurie, ce domaine appartenait au seigneur qui devait le rétrocéder s’il n’en assurait pas l’exploitation. Pour réaliser son engagement, le seigneur recrutait et rémunérait les personnes capables de l’épauler dans la construction de sa maison, du moulin, et du fort. Ces engagés étaient entretenus dans sa maison ou dans une autre jusqu’à ce qu’ils soient éligibles à l’attribution d’une terre. Partageant le quotidien de leurs censitaires, la plupart des seigneurs ont adopté une attitude compréhensive par rapport au paiement des redevances dues par les censitaires. consistait à confier le développement et le peuplement d’un domaine à un individu, noble ou roturier, ou à une communauté religieuse. Appelée
http://www.civilization.ca/vmnf/popul/seigneurs/seign-fr.htm

Pour aller plus loin: http://www.civilization.ca/vmnf/popul/seigneurs/seign-fr.htm / Bibilographie
 
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