A la découverte du Québec (ppt)

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VILLE-MARIE EN 1688  (
LES CABARETS DE)
Extraits tirés de : Tougas, Rémi (2003) : L'Allemande : la scandaleuse histoire d'une fille du roi, 1657 - 1722. Sillery, Québec.

Dans son acceptation moderne, le mot « cabaret » désigne principalement un établissement qui présente un spectacle où les clients peuvent boire et se restaurer. A la fin du XVII° siècle, un cabaret est essentiellement un modeste débit de boissons. A Montréal, on y sert surtout du vin et de l'eau-de-vie, mais aussi parfois de la bière et du cidre.
En Nouvelle-France, comme en l' « ancienne », les cabarets ont bien souvent mauvaise réputation. L'Eglise et l'Etat les ont toujours à l'oeil et essaient de réglementer ces établissements où hommes et femmes se livrent à des réjouissances de moralité douteuse, pour dire le moins. Ville-Marie, l'avant-poste le plus avancé du pays et le centre de commerce des fourrures en Nouvelle-France, est une véritable ville frontière où explorateurs, voyageurs, coureurs des bois, marchands et soldats s'arrêtent, se reposent et s'approvisionnent avant de partir pour les pays d'en Haut. (p. 67)

La réalité montréalaise se situe à des lieues de cette vie bien rangée des cabarets, souhaitée par les autorités civiles et religieuses. Très tôt dans la vie de Montréal, les autorités déplorent les désordres et excès qui surviennent régulièrement dans les cabarets. Tenir cabaret est une occupation attirante qui procure des profits faciles, surtout lorsqu'on n'est pas trop scrupuleux et qu'on dépouille Amérindiens, soldats et domestiques et qu'on laisse ses portes ouvertes le dimanche pour attirer les ruraux qui viennent à la messe. On retrouve de tout dans ce métier : anciens voyageurs, notaires, huissiers, artisans, marchands et beaucoup de veuves. (p. 68)
 
Montréal, en 1688, compte approximativement 130 maisons et une population civile (ne comprenant pas les Amérindiens) d'environ 800 personnes, incluant hommes, femmes et enfants. Il y a donc 23% des maisons de Montréal qui sont des cabarets, presque une maison sur quatre! Dit autrement, il y a un cabaret pour 27 personnes à Ville-Marie en 1688. Il n'est donc pas surprenant que les autorités dénoncent cette situation qui engendre continuellement des désordres et des abus de toutes sortes, y compris la prostitution. D'autant qu'il y a beaucoup de jeunes hommes à Montréal à cette époque : on peut estimer que l'âge médian est alors de 16,5 ans, c'est-à-dire que plus de la moitié de la population a moins de 16,5 ans. A titre de comparaison, l'âge médian de l'agglomération urbaine de Monréal en 2001 est de 37,9 ans. (p. 71)

  1. Quelle est la différence entre l'ancienne et la nouvelle définition du cabaret?
  2. Que peut-on y consommer?
  3. Les cabarets sont-ils appréciés de l'Etat? Pourquoi?
  4. Que désigne « les pays d'en Haut »?
  5. Comment les tenanciers des cabarets font-ils facilement du profit?


Vive le Québec libre

Charles de Gaulle, président de la République française, a 76 ans lorsqu’il déparque à Québec et prononce cette phrase du balcon de l’Hôtel de ville de Montréal pendant sa visite du 24 juillet 1967. Cette phrase refroidit l’atmosphère décontractée qui règne en ville et galvanise le mouvement séparatiste. Marine Lefèvre (Charles de Gaulle du Canada français au Québec. Montréal : Leméac 2007) suit les chemins qui ont mené à cet événement mémorable, en le replaçant dans le cadre plus large des relations franco-québécoises et franco-canadiennes depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’au voyage de 1967. Dans un autre ouvrage Alain Peyrefitte (De Gaulle et le Québec. Montréal : Stanké 2000) nous apprend à quel point la politique de Charles de Gaulle n’émanait pas d’un mouvement de fonds en France, mais bien de sa vision personnelle et avant-gardiste qui a failli brouiller les relations de la France avec le Canada, et dans une moindre mesure, avec les États-Unis. Le premier ministre, Pompidou, dira « Tout ça, qu’est-ce que ça peut nous rapporter ? Seulement des ennuis !



Voyageurs

C’est le nom donné aux Canadiens français qui travaillent pour les compagnies de traite au 17e siècle. Ils parcouraient, en canoë, de grandes distances, de Montréal vers le nord, le sud et l’ouest à la recherche de fourrure.


« Les voyageurs en Nouvelle-France disent leur étonnement admiratif devant les immensités qu’ils découvrent mais insistent sur tous les risques encourus. Une large place est faite aux contacts avec les Indiens, dont les images données sont multiples, sauvages capables des pires tortures mais aussi hôtes accueillants prêts à reconnaître l’autorité du roi de France et à se convertir. Tous les récits, qu’ils soient le fait de Français au Canada ou de Canadiens en France, et quel que soit leur siècle, en disent aussi long sur les objectifs des narrateurs que sur les contrées et les habitants rencontrés. »
 
Cf. Guillaume, Pierre/ Turgon, Laurier (éds.) (2007) : Regards croisés sur le Canada et la France. Voyages et relations du XVIe au XXe siècle. Québec : Presses de l’Université Laval.



Madeleine de Verchères

Mythe, légende ou réalité ?

Historiens et chroniqueurs contestent certains détails des faits qui entourent cette histoire. L'événement qui donne naissance à la légende de Madeleine de Verchères est un fait bien réel, dont on connaît bien le contexte: le temps, octobre 1692; le lieu, le fort de Verchères; le personnage central, Madeleine Jarret de Verchères. Il est utile de rappeler que Madeleine elle-même donnera le récit des attaques iroquoises dont elle fut l'objet. Le premier en 1699, l'autre une trentaine d'années plus tard soit en 1732. Madeleine a-t-elle embelli son acte de bravoure au point de créer elle-même sa propre légende?
J'ai brassé quelques souvenirs, fait quelques recherches et je vous raconte cette histoire qui m'a fascinée quand j'étais jeune écolière.

Madeleine Jarret de Verchères est née sur la seigneurie de son père le 3 mars 1678. Son père, le seigneur François Jarret de Verchères, enseigne au régiment de Carignan, prenait part aux manoeuvres militaires mais gérait aussi son domaine, ses bêtes et ses cultures comme la plupart des Français installés en Nouvelle-France à cette époque.

Le fort qu'il fit construire n'avait rien d'une forteresse. Ce fort était destiné à protéger ses biens et sa famille. De plus, en cette période d'incursions iroquoises , très fréquentes à cet endroit à cause de la proximité  de la rivière Richelieu, route traditionnelle des Agniers, il pouvait servir aussi de refuge à la population. On y avait accès par une seule porte faisant face au fleuve.

Trois enfants nés avant Madeleine sont décédés, dont deux qui furent tués lors d'une précédente attaque des Iroquois. Madeleine est devenue ainsi l'aînée de la famille, donc chargée de responsabilités: quand les parents s'absentent, elle a fonction de gardienne, elle "garde le fort".

En ce matin d’octobre, Madeleine âgée d'un peu plus de quatorze ans est à quelques quatre cents pas du fort de Verchères. Ses parents se sont absentés.  Il n’y a, à l’intérieur des palissades, que des femmes et des enfants et un seul soldat qui veille. Une vingtaine d’habitants sont occupés aux travaux des champs dans les alentours.

Dans les buissons, des Iroquois sont cachés. Ils observent sans bruit les gens qui vaquent tranquillement à leurs occupations. Soudain, un cri retentit, les Iroquois font irruption, ils font prisonniers quelques colons travaillant aux champs. L'un deux se  précipite sur Madeleine et l’attrape par le mouchoir qu'elle a noué autour de son cou.

Vive comme l’éclair et avec une étonnante présence d’esprit, Madeleine dénoue son petit foulard et court vers le fort en criant :

- Aux armes !

Elle referme la lourde porte derrière elle, malgré les cris des femmes dont les maris sont restés en dehors de la palissade, grimpe sur le bastion où se tient la sentinelle. Avec sang froid, elle prend les choses en main : se coiffant du chapeau de  soldat de la sentinelle, elle se déplace rapidement pour donner l’illusion d’un va-et-vient de plusieurs personnes.

Mobilisant ses jeunes frères , elle les invite à faire comme elle. Elle charge elle-même un  canon de quatre livres de balles et tire sur les assaillants. Ce coup alertera les forts voisins qui ponctuent les rives du Saint-Laurent jusqu'à Montréal.

Avec leurs quelques prisonniers, les Iroquois se retirent. Les secours finissent par arriver des forts voisins. Les habitants du fort de Verchères sont saufs grâce à la ruse et à la présence d'esprit de la jeune Madeleine de Verchères.

(© Avec l'aimable autorisation de Bibiane Grenier)

  1. Quel est le degré de crédibilité de l'histoire de Madeleine? Pourquoi?
  2. Quelle est la position sociale de Madeleine?
  3. Où vit-elle?
  4. Qui sont les Agniers?
  5. Un matin d'octobre, Madeleine se fait attaquer par les Iroquois. Comment leur présence se manifeste-t-elle?
  6. Quelle est la ruse utilisée par Madeleine? Quel est ainsi son but?
  7. Comment Madeleine appelle-t-elle du secours?
  8. Quel était probablement le but de l'attaque des Iroquois? Parviennent-ils à leurs fins?


 
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